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The Young Ones

De « The Young Ones »,   il faut commencer à dire que c’est une série-culte et que je m’en fous si vous n’en avez jamais entendu parler parce que c’est réellement une série culte ! Et vous soupirez : ça y est, le voilà venir encore avec sa grosse batterie de superlatifs pour nous servir une vieillerie anglaise (comme par hasard). Et bien tant, mieux, le challenge n’est est que plus attractif, je ferai donc tout en finesse pour vous présenter cette perle rare.

« The Young Ones » est une création de Rick Mayal (Bottom !), Lise Mayer (The Fast Show !) et Ben Elton (Blackadder !). Mais ils n’ont pas encore fait toutes ces choses entre parenthèses car nous sommes en 1981. Tous les trois ont entre 23 et 25 ans et, comme le reste de la jeunesse anglaise du moment, ils ont beaucoup de choses à « déballer». Ils le font sur scène dans des clubs de Londres, sont repérés, parviennent à passer à la télévision et se voient commander une série par la BBC.

« The Young Ones » ce sont quatre étudiants qui, dans le premier épisode, se font virer de leur appartement qui va être détruit et partent squatter une maison. Rick (Rick Mayal of course !) est un rebelle de comptoir, un anarchiste égoïste et introverti qui se prend pour un poète. Vyvyan Basterd (Adrian Edmonson indeed !) est un punk autodestructeur et dangereux, violent et défoncé. Neil (Nigel Planer, un pionnier lui aussi) est un baba cool ultra-dépressif et soumis que tout le monde ignore. Mike (Christopher Ryan, on le citera encore sur beaucoup d’autres séries dans ce blog) est un yuppie court sur pattes, toujours à la recherche d’un peu de monnaie qui balance ses phrases comme des commandements bibliques.

Le ton est sacrément dans l’air de ce temps-là : alternatif, anarchiste, contestataire, punk. La série ne se gène pas pour parodier ou moquer de temps à autre la télévision et ses programmes soit disant « pour les jeunes ». La musique est très présente et la série sert de tremplin à quelques groupes du moment : Madness, Motorhead ou les Dexys Mignight Runners, entre autres, surgissent sans crier gare au milieu d’une séquence pour interpréter leur dernier tube. « The Young Ones », ce n’est pas la télévision qui tente de parler à la rue, c’est la rue qui vient parler à la télévision. La série ne se gène d’ailleurs pas pour parodier ou moquer cette télévision et ses programmes étiquetés « pour les jeunes ».

Il n’y a pas vraiment, dans les épisodes, d’histoire avec des rebondissements et des enjeux, c’est plus un fil conducteur qu’un vrai développement. De fait, c’est assez décousu, on sent bien que pour les auteurs, la structure et la narration, c’est « Never mind the bollocks ». En plus des intermèdes musicaux, il y a des séquences animées en volume qui font la transition entre les séquences, des interventions abruptes de Alexei Sayle qui vient placer un sketch à lui qui n’a rien à voir avec le reste puis repart comme il est venu et des chutes « sans filet » qui viennent boucler les épisodes comme un grand coup de guitare sur une baffle. Mais il y a aussi (et surtout), au milieu de cette rébellion permanente, toute une ribambelle d’inventions, de surprises, de contre-pieds et de pieds de nez qui vous fixent un sourire ravi d’un bout à l’autre du show.

Bien sûr, dans l’Angleterre de Margaret Thatcher, ça ne passera pas toujours très bien et l’on saluera, encore une fois, le rôle qu’a su jouer la BBC dans l’épanouissement de la production Anglaise.

« The Young Ones », est un programme rare et important dans l’histoire de la télévision. Il présente et révèle de jeunes auteurs et comédiens qui vont tous par la suite accomplir de grandes choses. Par son ton, il est le précurseur de beaucoup d’autres séries. Avec son anticonformisme et son audace, il flatte l’intelligence du spectateur. Dans « The Young Ones », on ne nous fait pas rire en appuyant sur des boutons. On nous donne à rire, c’est varié et copieux, mais c’est à nous de nous servir.

Et bien, je n’ai finalement pas fait si fin que ça mais j’ai quand-même réussi à vous cacher le meilleur, que vous ne pourrez ainsi découvrir qu’en regardant « The Young Ones » dont il faut dire, après tout, que c’est une série-culte et que je m’en fous si vous la connaissiez déjà parce qu’alors vous conviendrez avec moi que réellement une série culte !

 

 

 

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