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Fawlty Towers

John Cleese !!!… Je ne mets pas ce nom juste pour faire booster mes statistiques Google (j’en ai déjà assez avec Conforama qui me tanne pour que je présente leur collection d’Hiver sous prétexte que « télé » rime avec « canapé »), mais parce que c’est l’exclamation que pousse en entendant ce titre, toute personne qui connaît le programme.

John Cleese, donc… Raconte qu’en 1970, étant en train de tourner dans la région de Torquay, il séjournait avec ses complices du Monthy Python Flying Circus dans un hôtel dont le patron était si abominable qu’ils ont tous fini par s’enfuir. Tous sauf un, John Cleese, qui ne pouvait laisser passer cette chance. Avec son épouse (de l’époque) Connie Booth, il endure encore quelques nuits à hôtel, regarde, note, observe et écrit. Et voilà ! En 1975, la première saison de « Fawlty Towers » était diffusée, suivie en 1979 d’une seconde, douze épisodes au total. Et la comédie venait de s’offrir une parure à douze rubis étincelants, éblouissants !

Bien sûr, on dit toujours d’une série qu’elle est hilarante et qu’on en garantit les fous rires, mais la plupart du temps, on sait que cette promesse ne s’adresse en fait qu’à quelques-uns.Alors que « Fawlty Towers », c’est une ces rares séries qui peuvent faire rire le monde entier et qui font rire tout le monde.

Tout se passe donc dans cet hôtel : « Fawlty Towers » (dont le nom sur la pancarte à l’entrée subira de nombreuses altérations), géré par Basil Fawlty (John Cleese) et sa femme Sybil (Prunela Scales). C’est un petit hôtel charmant, avec sa femme de chambre, Polly (Connie Booth), son serveur Manuel (Andrew Sachs) et son chef Terry. Un établissement sans prétentions (sinon celles du propriétaire) qui accueille, en plus des clients de passage, trois pensionnaires : le Major Gowen (Ballard Berkeley), Miss Tibbs et Miss Gatsby.

C’est dans ce décor tout simple, avec ces personnages anodins que John Cleese va se déchaîner. Car il faut le dire, si les épisodes sont écrits par lui, ils le sont aussi pour lui. Son personnage est taillé sur mesure pour sa grande carcasse, impeccablement coupé pour laisser toute l’aisance possible à l’expression de toutes ses expressions.

Basil Fawlty, c’est ce personnage classique de comédie qui se dirige inévitablement vers les ennuis, où qu’il aille. Jamais par malchance, toujours par sa faute. Ses idées fixes, ses impatiences, ses agacements et ses gesticulations le poussent toujours dans les cordes. Alors il s’obstine encore, il improvise, il ment, il temporise et comme il ne renonce jamais, il finit K.O. Ses échanges avec Manuel, le serveur espagnol, sont particulièrement cocasses.

La mécanique comique que Cleese et Booth font ronronner est absolument parfaite. À partir d’une situation banale, par petites touches, ils tirent les épisodes jusqu’au délire total.Ça ne cesse de monter en puissance, en tension, et de la problématique anodine du départ nous entraîne comme un wagonnet de Grand Huit, vers un sommet d’où elle nous précipite dans une scène hystérique et hilarante.

C’est tellement puissant, tellement irrémédiable que j’ai déjà vu des spectateurs de cette comédie serrer les dents pendant cette montée comme s’ils observaient une mèche se consumer jusqu’au baril de poudre auquel John Clesse et Connie Booth ont ligoté leurs zygomatiques. C’est d’ailleurs peut-être pour cela que lors de la première diffusion de « Fawlty Towers », la réaction du public, qui se trompe rarement, fut plus enthousiaste que celles des critiques  de l’époque qui rangeaient leur parapluie dans leur pantalon avant d’aller s’asseoir au screening. Heureusement, depuis, cette série a été couverte de récompenses et d’honneurs qui ont lavé l’affront.

C’est clair, s’il ne fallait conseiller qu’un seul programme pour découvrir John Cleese, ce serait celui-là. Et ce serait aussi sans aucun doute la comédie à emporter sur une île déserte, tant on peut la voir et la revoir sans jamais se lasser.

 

 

 

 

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